Commentaire de La Salat Fatihi

Commentaire de La Salat Fatihi

« Ô mon Dieu ! Prie sur notre seigneur Mohammed qui a ouvert ce qui était clos, et qui a clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité et le guide sur Ton droit chemin, ainsi qu'à sa famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité »

Les termes de la Salat Fatihi font référence, dans leur sens, à des passages coraniques :

- « Ô mon Dieu […] » fait référence au verset qui dit : « Gloire à Toi Ô mon Dieu » (Sourate 10 Jonas, verset 10).

- « [...] prie sur [...] » fait référence au verset qui dit : « Certes Allah et ses anges prient sur le Prophète, Ô vous qui croyez priez sur lui et adressez-lui vos salutations » (Sourate 33 Les coalisés, verset 56).

- « [...] notre seigneur [...] » fait référence au verset sur le prophète Yahya (paix sur lui) qui dit : « [...] un seigneur (saïdan), un homme parfaitement chaste […] » (Sourate 03 La famille d’Imran, verset 39).

Le seigneur (dans la noblesse) des créatures est le Messager d'Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et il est permis de le considérer comme tel. En effet, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Je suis le seigneur des enfants d'Adam et sans prétention »

Quant à ceux qui ont prétendu que les compagnons n'appelaient pas le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) par le terme de seigneur (Saïdan) en citant le hadith suivant : « Ne m'appelez pas par le terme de seigneur, car le Seigneur est Allah ».

Il faut savoir que sa chaîne est faible et il est inutile de le citer, car il nous suffit de citer ce qui a été authentifié par Nassa-i, la parole de Sahl ibn Houneyf (qu’Allah l’agrée) qui a appelé le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) par « Ô mon seigneur.. » ainsi que la parole d'Abou Houreyra (qu’Allah l’agrée) pour Hassen ibn 'Ali (qu’Allah l’agrée) rapporté par El Hakem et la prière d’Ibn Mess'oud (qu’Allah l’agrée) qui est rapporté selon une bonne chaîne et dans laquelle se trouvent ces mots : « Ô mon Seigneur prie sur le seigneur des Messagers… »

- « [...] Mohammed […] » fait référence au verset qui dit : « Mohammed est le Messager d'Allah » (Sourate 48 Al-Fath, verset 29).

- « [...] qui a ouvert ce qui était clos [...] » : fait référence aux versets qui disent : « Nous t'avons ouvert d'une façon manifeste les portes » (Sourate 48 Al-Fath, verset 01) ; « Voilà que vous est venu Notre Messager vous apportant des explications claires après une longue absence des Messagers » (Sourate 05 La table servie, verset 19). Elle veut dire celui qui a ouvert les cœurs fermés par l'association et l'ignorance.

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Je suis le premier des gens à être créé et le dernier à être envoyé ». Les gens désignent ici les prophètes (sur eux la paix).

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit aussi :

« Je suis le premier sur qui s'ouvrira la terre, je suis le premier à intercéder et le premier pour qui ce sera accepté, je suis le premier à faire passer sa communauté sur le Sirat, et je suis le premier à entrer au Paradis ».

- « [...] qui a clos ce qui a précédé […] » : fait référence au verset qui dit : « mais le Messager d'Allah et le sceau des prophètes » (Sourate 33 Les coalisés, verset 40).

Elle veut dire qu'il est celui qui a clôturé la prophétie et Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) a réuni en lui toutes les grâces. Cela veut dire aussi qu'il a atteint les plus hauts degrés de perfection, il est le plus élevé des savants, des indulgents, il est le maître des sages. Il est le plus proche des rapprochés dans la plus haute des Présences, il est la plus honorable des créatures chez Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté).

- « [...] Le soutien de la Vérité par la Vérité […] » fait référence aux versets qui disent : « [...] si vous soutenez Allah Il vous soutiendra... » (Sourate 47 Muhammad, verset 07) ; « Et c'est en toute vérité que Nous l'avons fait descendre, et avec la vérité il est descendu... » (Sourate 17 Le voyage nocturne, verset 105).

Elle veut dire qu'il est le soutien d'Allah par Allah, il ne soutient pas le faux et il ne soutient pas la vérité par le faux.

- « [...] et le guide sur ton droit chemin […] » : fait référence au verset qui dit : « [...] et en vérité tu guides vers un chemin droit » (Sourate 42 La consultation, verset 52).

- « [...] ainsi qu'à sa famille [...] » : fait référence au verset qui dit : « Allah ne veut que vous débarrasser de toute souillure, Ô gens de la maison (du Prophète), et veut vous purifier pleinement » (Sourate 33 Les coalisés, verset 33).

C'est-à-dire ceux pour qui il est interdit de prendre l'aumône. Il existe une autre explication, ce sont ses héritiers parfaits qui portent l'apparent de la Loi (Chari'a) et ses secrets. C'est de l'égarement de dire que l'apparence de la Chari'a contredit son sens caché (ésotérique) car ils sont en concordances.

La Vérité (Haqiqa) est le fruit de la mise en application de la Chari'a : « [...] et craignez Allah et il vous enseignera... » (Sourate 02 La vache, verset 282).

- « [...] selon sa valeur [...] » fait référence aux versets qui disent : « Ils n'ont pas apprécié Allah à sa juste valeur... » (Sourate 39 Les Groupes, verset 67) ; « Par ta vie, leur ivresse les laisse agir comme des aveugles ! » (Sourate 15 Al Hijr, verset 72). « Selon sa valeur » veut dire : « la plus haute station ».

- « [...] à la mesure de son immense dignité [..] » :

« À la mesure » fait référence au verset qui dit : « Et toute chose a auprès de Lui sa mesure » (Sourate 13 Le tonnerre, verset 08).

« Immense » fait référence au verset qui dit : « Et tu es certes d'une moralité immense » (Sourate 68 La plume, verset 04). C'est sa considération et son honneur chez Allah.

Il est rapporté dans la Thora sur la description du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Il (Allah) ne le reprendra pas jusqu'à ce qu'il redresse le peuple tordu, qu'il ouvre des yeux aveugles, des oreilles sourdes et des cœurs fermés et qu'ils disent alors : « II n'y a d'autre divinité qu'Allah » ».


Points à éclaircir

Question : Est-il vrai que les Tidjani affirment que la prière appelée Salat Fatihi est supérieure à la lecture du noble Coran ?

Réponse : Cette affirmation est fausse, Seïdina Ahmed Tijani >(qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit dans le livre Djawahirou-l-Ma’ani :

« La prééminence du Coran sur toute autre parole que ce soit des formules de Dhikr et de prière sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), {y compris Salat Fatihi} est plus éclatante que le soleil. Il est fait cas de cet éclat dans les principes mêmes de la Chari'a (Coran et hadiths prophétiques authentiques) ».

Cette prééminence a deux raisons principales :

1 - Premièrement parce que le Coran est la parole même de l'Être Suprême, donc supérieure à toutes les paroles.

2 - Deuxièmement parce que les commandements coraniques sont uniques dans leur genre et au-dessus de tout autre commandement.

Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) procède au classement du bénéfice que l'on tire de la lecture du noble Coran en quatre catégories suivant la qualité du lecteur.

Il dit en substance :

La première catégorie de personne est un saint homme qui vit dans l'océan de la Vérité Divine, celui-là tire tout le mérite de la lecture du Coran et pour cette catégorie la lecture du Coran est au-dessus de tout Dhikr.

La deuxième catégorie est celle qui connaît parfaitement la signification du Coran et qui en le lisant est émue à tel point qu'il croit entendre l'Être Suprême lui-même le lui dicter et dont la vie est une matérialisation des Textes sacrés. L'avantage qu'il tire de cette lecture est à peu près analogue à celui du premier.

La troisième catégorie est celui qui lit attentivement le noble Coran, mais ne le comprend pas et qui est ému par cette lecture au point de croire entendre le Seigneur et qui suit strictement les commandements enseignés par le Saint Livre tout en se renseignant, celui-là tire par conséquent un grand avantage de cette lecture, mais non égal à celui des deux précédents.

La quatrième catégorie est celle qui lit le noble Coran sans attention, qu'il comprenne ou non la lecture et qui s'adonne aux mauvaises actions ne se souciant nullement des commandements du Coran, celui-là travaille à sa perte et commet un péché autant de fois qu'il le lit comme le témoignent ces passages du Coran :

« Quel pire injuste que celui à qui on a rappelé les versets de son Seigneur et qui en détourna le dos en oubliant ce que ses deux mains ont commis ? Nous avons placé des voiles sur leur cœur, de sorte qu'ils ne comprennent pas (le Coran), et mis une lourdeur dans leurs oreilles. Même si tu les appelles vers la bonne voie, jamais ils ne pourront donc se guider » (Sourate 18 La caverne, verset 57).

« Et quiconque se détourne de Mon rappel, mènera certes, une vie pleine de gêne, et le Jour de la résurrection Nous l'emmènerons aveugle au rassemblement. Il dira : « Ô Mon Seigneur, pourquoi m'as-tu emmené aveugle alors qu'auparavant je voyais ? » Allah lui dira : « De même que nos signes (enseignements) t'étaient venus et que tu les as oubliés et ainsi aujourd'hui tu es oublié » (Sourate 20 Ta-Ha, versets 124, 125, 126).

Pour cette quatrième catégorie de personne seulement, la prière sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui est plus profitable que la lecture du Coran, car de cette dernière il ne s'attire que la malédiction du Seigneur.

Par contre à chaque fois qu'il récite la prière sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), le Seigneur, les anges et toute la création prient dix fois sur lui à cause de cela, il a tout à gagner à prier sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et tout à perdre à lire le noble Coran ».

Le célèbre Suivant (Tabi’i) et pieux Salaf Hassan Basri (qu’Allah l’agrée) avait dit : « Certes, parmi les plus mauvaises personnes, il y a celles qui lisent le Qoran et qui ne mettent pas en pratique ses principes et qui ne suivent pas son chemin ; voilà ceux qu’Allah maudit et que les maudisseurs maudissent ».

Hassan Basri (qu’Allah l’agrée) avait classifié, pour sa part, les lecteurs du Qoran en trois catégories en disant : « Les lecteurs du Qoran sont de trois catégories :

- Ceux qui le considèrent comme une marchandise avec laquelle ils cherchent à acquérir ce que les gens possèdent

- Ceux qui maîtrisent ses lettres, négligent ses prescriptions, qui soutirent grâce à lui l’argent des autorités et qui s’en servent pour s’enorgueillir devant les gens - ce genre est nombreux parmi ceux qui connaissent le Qoran par cœur – puisse Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) ne pas les rendre nombreux et qu’Il n’éloigne personne en dehors d’eux.

- Et enfin ceux qui lisent le Qoran et qui méditent sur ses versets, qui se soignent avec ses remèdes, qui cherchent à se faire guérir avec ses remèdes et qui l’appliquent aux maux de leurs cœurs. C’est avec ces derniers que l’on demande la descente de la pluie, c’est grâce à eux que les bienfaits sont obtenus et c’est avec leurs invocations que les malheurs sont repoussés. Ils représentent le parti d’Allah et c’est le parti d’Allah qui sera victorieux ».>

C'est donc à la lumière de ce qui vient d'être expliqué que nous devons comprendre la parole de Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) qui dit : « Une fois Salat Fatihi équivaut à six mille (6000) fois le mérite de la lecture du Coran ». Ce qui veut dire que par la récitation d'une Salat Fatihi Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) inscrit au serviteur six mille fois la récompense de la lecture entière du Coran.

Il est rapporté que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit dans un style similaire :

« Celui qui récite sourate YASSIN Allah inscrit au serviteur la récompense de dix fois la lecture entière du Coran »

Cela signifie qu'en récitant une fois la sourate YASSIN Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) inscrit au serviteur la récompense de la lecture entière du Coran dix fois.

Par conséquent, si on comptabilise la récompense de la lecture du Coran en sachant que la lecture d'une seule lettre vaut au minimum dix bonnes œuvres, comme le précise le hadith rapporté par Tirmidhi où le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Celui qui lit une lettre du Livre d'Allah s'inscrit une bonne action et la bonne action a dix fois son salaire et je ne dis pas que Alif, Lam,Mim est une lettre, mais Alif est une lettre, Lam est une lettre et Mim est une lettre », il suffit donc de multiplier le nombre de lettres dans le Coran par dix au minimum pour avoir la récompense basique du Coran.

Cette récompense est multipliée de nouveau par dix, pour celui qui récite la sourate YASSIN, et inscrite à la personne conformément au hadith prophétique. Le même procédé s'applique à Salat Fatihi, sauf que dans ce cas il faut multiplier la récompense de la lecture du Coran par six mille.

Toujours dans ce sujet il est rapporté dans Djawahirou-l-Ma'ani que Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :

« Il est de forte chance qu'Allah ne montre à certains parmi les faibles d'esprits qui ignorent la portée de l'immensité de la grâce Divine et de sa Générosité, la récompense de Salat Fatihi ».

Ils demandèrent alors : « Si les choses se révèlent de la sorte, vu l'importance de Salat Fatihi, il faut concentrer tous ses efforts dessus au dépend de toute forme de Dhikr et même celle du Coran »

Il répondit : « Non ! La lecture du Coran est prioritaire et elle est exigée par la révélation. Le Coran est le contenant de la grâce, le fondement de la Chari'a et la base du rapport avec le Divin, sans oublier la ferme interdiction de négliger sa lecture. Il est donc strictement prohibé de délaisser sa récitation. Quant à la grâce de Salat Fatihi que nous avons évoquée, elle ne cause aucun tort à celui qui la délaisse puisqu'elle est qu’un acte méritoire ».

Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit dans un autre passage de Djawahirou-l-Ma’ani ceci :

« Le noble Coran est le meilleur Dhikr mais à condition que le cheminant lors de sa lecture considère en son for intérieur que ce n'est autre qu'Allah lui-même qui s'adresse à lui. S'il demeure dans cet état et finit par l'intégrer, il aura alors accès à l'anéantissement spirituel complet. Par la suite, il parviendra à la porte de la Proximité Divine ».

Notre maître Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit aussi :

« Certainement le Coran est le meilleur moyen pour se rapprocher d'Allah, mais pour celui dont les actions et les états ont été assainis en vue de Dieu ».

Il affirme aussi :

« Si tu répliques : « La récompense de la lecture du Coran est comptabilisée indépendamment du lecteur et cette récompense est accordée même au dépravé » alors je te réponds comme suit : « Il est possible qu'Allah lui accorde la récompense de la lecture du Coran, mais cette rétribution se verra annulée d'autre part puisqu'il n'a pas agi conformément aux préceptes du Coran.

Or la récitation du Coran sans son application est une situation qui rentre dans le cadre de la parabole qu'Allah a établi dans son Livre au sujet des gens de la Torah : « L'image de ceux qui ont été chargés de mettre la Torah en pratique et qui ne l'ont pas fait est celle de l'âne qui porte des livres de grande valeur » (Sourate 62 Le vendredi, verset 05).

Il est évident que l'âne ne tire aucun profit en portant des livres sur son dos. Puis sache que sa parole qui dit :« Et qui ne l'ont pas fait […] »signifie qu'ils n'ont pas agi conformément aux recommandations de la Torah.

Allah a dit aussi : « Ceux à qui Nous avons donné le Livre, qui le récitent comme il se doit, ceux-là y croient » (Sourate 02 La vache, verset 121). Le réciter comme il se doit consiste en l'application des ordres, celui qui se détourne de cela ne l'a pas lu réellement »

Seïdina Ahmed Tijani (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit encore :

« Si tu veux savoir ce que tu détiens ou ce que les autres détiennent en tant qu’amour pour Allah ou son Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) observe l’amour du Qoran dans ton cœur et si le plaisir à l’écouter est largement supérieur au fait d’écouter les distractions, les chants, les mélodies ». Djawahirou-l-Ma’ani.

De quel droit alors affirmer sans scrupule que par la Salat Fatihi, Seïdina Ahmed Tijani (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a voulu éloigner les musulmans de la lecture et de l’étude du Qoran, n’est-ce pas là un mensonge effronté ?

Il est entièrement faux et coupable, comme l’ont tenté certains, de vouloir faire croire que Seïdina Ahmed Tijani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a prétendu que le mérite de Salat Fatihi est supérieur au mérite du Qoran et qu’il incitait ses disciples à délaisser la Parole Divine et sa récitation. Ses propos cités précédemment montrent bien le contraire et lui-même était assidu et très attaché à la récitation du Qoran qu’il a mémorisé dès l’âge de sept ans.

Il est rapporté dans El Ifadat-l-Ahmediya que lorsqu’il s’arrêtait dans une pause au cours de sa récitation, il reprenait au tout début du verset et quand il fût interrogé sur la cause de son agissement, il répondit : « Allah m’a permis de constater ce qu’Il me comptabilise pour chaque lettre aussi je ne laisse pas passer l’occasion ».

Il est rapporté encore dans El Ifadat-l-Ahmediya qu’il a dit :

« Le minimum que doit réciter le détenteur du Qoran c’est deux parties (Hizbaïn) par jour » se conformant en cela à la parole rapportée par les deux Cheikhs selon Abdallah ibn Amrou (qu’Allah l’agrée) : « Lis le Qoran en un mois ».

Aucun disciple qui connaît la Tariqa et son enseignement ne délaisse la lecture et l’étude du Qoran. Bien au contraire, les Zaouiya Tidjaniya à travers le monde sont des centres d’apprentissage et de méditation de la noble parole d’Allah.

Le mérite dans les œuvres est du domaine d’Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté), Il peut accorder un surplus de mérite en une chose sans que cela signifie que cette œuvre est supérieure ou ne la remplace, ainsi comme nous allons l’évoquer, certains ont reçu des particularités en des domaines sans que cela n’implique forcément qu’ils sont supérieurs à ceux qui n’ont pas reçu ces particularités.

De même dans le mérite des œuvres de nombreux hadiths mettent la préférence parfois sur la prière, parfois sur le combat dans la voie d’Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté), parfois sur l’évocation et ainsi de suite et en fait cela varie selon le contexte et la situation. En effet, dans les moments d’affrontement avec l’ennemi le Jihad devient la meilleure œuvre à effectuer, dans d’autres moments c’est la prière etc.

Pour exemple les propos suivants du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) :

« Celui qui accomplit la prière de l’aube en groupe puis il s’assoit pour évoquer Allah jusqu’à ce que le soleil se lève et qu’ensuite il accomplit deux unités de prière, il a comme la récompense d’un Hajj et d’une ‘Omra parfaite, parfaite, parfaite »(Tirmidhi selon Anas (qu’Allah les agrée), authentique - SAHIH)

« Une ‘Omra pendant le Ramadan est équivalent à un Hajj »(Ahmed, Boukhari, Ibn Majah selon Jabir (qu’Allah les agrée)) ainsi que (Ahmed, Boukhari et Mouslim, Abou Daoud, Ibn Majah selon Ibn ‘Abbas (qu’Allah les agrée)) ainsi que (Abou Daoud, Tirmidhi, Ibn Majah selon Oum Ma’aqa (qu’Allah les agrée)) et autres chaînes authentiques – SAHIH)

Ce mérite ne veut point dire que la ‘Omra est comme le Hajj et qu’il nous affranchit de l’obligation de l’accomplir. Cela ne veut pas dire non plus que si on a accompli les œuvres citées par le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dans le premier hadith, on a plus besoin alors d’accomplir son Hajj. Ni que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) nous a incités à délaisser l’accomplissement du Hajj puisqu’il nous offre la récompense d’un Hajj et d’une Omra parfaite, parfaite, parfaite. Il n’y a que l’ignorant pour arriver à une telle conclusion.

Ensuite, certains affirment qu’il n’est permis de prier sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qu’avec la prière Ibrahimiya, car c’est celle qu’il a enseignée à ses compagnons (qu’Allah les agrée).

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a enseigné à ses compagnons une façon de prier sur lui (avec Salat Ibrahimiya) lorsque ceux-ci lui demandèrent « comment pouvons-nous prier sur toi ? », mais en aucun cas cela ne signifie qu’il est interdit de prier sur le Prophète d’une autre façon.

Celui qui affirme cette ignorance, va à l’encontre de ce qu’ordonne Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) qui dit : « Allah et ses anges prient sur le Prophète, Ô vous qui croyez priez sur lui et saluez ».Allah (qu’Il soit Glorifié et Exalté) n’a jamais dit : « […] et priez sur lui que de cette manière.. ». De même, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) n’a jamais interdit de prier sur lui d’une autre manière, il a juste enseigné à des compagnons (qu’Allah les agrée), qui le lui ont demandé, une façon de prier sur lui.

Le commandement de la prière sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) est venu sous une tournure générale dans le verset : « Certes, Allah et ses anges prient sur le Prophète ; ô vous qui croyez priez sur lui et adressez-lui vos salutations » (Sourate 33 Les coalisés, verset 56).

Et c’est le seul verset se rapportant à ce commandement et de même dans les Hadiths ordonnant la prière sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), ils sont tous selon le cadre général et universel. Or les savants des fondements (Oussoul) disent que la règle est que tout ce qui provient du Livre et de la Sunna dans une tournure générale et bien reste ainsi jusqu’à ce que soit prouvé son aspect spécifique.

En d’autres termes tant qu’il n’est pas prouvé qu’on ne peut exécuter ce commandement qu’en prononçant une seule et même formule spécifique alors on peut prier sur le Prophète >(que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) sous n’importe quel énoncé.

Parmi les éléments qui viennent vérifier ce cadre général, il y a le fait que lorsque les compagnons sont venus l’interroger sur la méthode pour le faire, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) leur enseigna des formules dont l’énoncé diffère entre elles sans pourtant leur ordonner une formule spécifique par rapport à une autre. C’est pour cette raison qu’ils la rapportèrent avec des termes et des formulations différentes.

C’est pour cela aussi que l’ensemble des savants avait validé tout terme remplissant le critère de prier sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), jusqu’à ce que certains ont dit : « Si on dit dans le Tachahoud : « que la prière et la paix soient sur toi, ô Prophète » cela est valide, tel que l’a mentionné Ibn Hajr ‘Asqalani dans « Fath El Bari ».

Puis il ajouta : « La raison de cette possibilité de se contenter de ce qui vient d’être évoqué, c’est que ce qui est obligatoire est stipulé dans l’énoncé Qoranique par la Parole d’Allah qui dit : « … priez sur lui et adressez-lui vos salutations ».

Or lorsque les compagnons (qu’Allah les agrée) interrogèrent sur la formule et que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) leur enseigna, cela fut rapporté avec des formules et des termes différents. Aussi, les savants se sont limités à ce qui faisait l’unanimité des narrations, délaissant le reste, comme pour le Tachahoud » alors, si ce qui en a été délaissé était obligatoire, pourquoi se serait-il tut à son sujet ?

De même est-il nécessaire de préciser que l’ensemble de la Communauté est unanime par ses paroles et ses actes, sur le fait que lorsque le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) est évoqué on se limite à dire : « que la prière et la paix d’Allah soient sur lui » alors que cette formulation n’est point rapportée du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).

Ainsi les compagnons eux-mêmes (qu’Allah les agrée), ne se sont pas limités à la prière Ibrahimiya, mais ils priaient sur le Prophète avec d’autres formules tel ce qui est rapporté sur Abdallah ibn Mess’oud (qu’Allah l’agrée) qui a dit :

« Si vous priez sur le Prophète, excellez dans la manière de prier sur lui, car il se peut que cela lui parvienne ». Ils lui dirent : « Enseigne-nous ». Il dit : « Dites : « Ô Allah ! Mets tes prières, ta miséricorde et tes bénédictions sur le maître des envoyés, l’Imam des pieux et le sceau des prophètes, Mohammed ton serviteur et ton Messager, l’Imam du bien, le guide du bien et le Messager de la miséricorde » (rapporté par Ibn Majah et El Hafidh Moundhiri a dit qu’il est Hassan)

De même, il est rapporté de Salama El Kindi que l’Imam ‘Ali (qu’Allah l’agrée) enseignait cette prière aux gens :

« Ô Allah ! Toi qui as arrondi les terres, qui as créé les cieux fermes, qui as donné leur nature primitive aux cœurs des malheureux et des bienheureux, accorde tes nobles prières, tes abondantes bénédictions et ta tendre pitié à Mohammed ton serviteur et Messager, sceau de ce qui a précédé, ouvreur de ce qui était fermé, soutien de la vérité par la vérité, destructeur des armées de l’égarement […] » Voir la suite dans le livre Chifa-a du Qadi ‘Iyad. El hafidh Ibn Kathir a dit qu’il s’agit là d’une parole connue de l’Imam ‘Ali (qu’Allah l’agrée).

Selon Tawous il rapporte qu’Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée) priait sur le Prophète avec ces termes :

« Ô Allah ! Accepte la grande intercession de Mohammed, et élève ses hauts degrés et exauce ses demandes à la fin et au début comme tu as exaucé pour Ibrahim et Moussa […] »

Il est rapporté d’Hassan Basri (qu’Allah l’agrée) qu’il disait :

« Celui qui veut boire dans le récipient le plus parfait du bassin de l’élu qu’il dise : « Ô Allah ! Prie sur Mohammed ainsi que sur sa famille, ses compagnons, ses enfants, ses épouses, sa descendance, les gens de sa maison, ses liens de parenté, ses Ansar, ses partisans, ceux qui l’aiment, sa communauté ainsi que sur nous tous ensemble avec eux, Ô Le plus Miséricordieux des miséricordieux »

Il y a aussi la prière célèbre que faisait l’imam Chafi’i, grand maître d’une des quatre écoles juridiques des gens de la Sounna, et qui est rapporté dans son Rissala : « Et que la prière d’Allah soit sur Mohammed autant de fois que l’ont mentionné les évocateurs et autant de fois qu’ont oublié de l’évoquer les insouciants »

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